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Réhabilitation de l'hôtel-de-ville
Pierre-Louis Faloci architecte

Réhabilitation de l'hôtel de ville

Le 14 novembre 2019, un incendie ravageait l’hôtel de ville d’Annecy entraînant des dégâts considérables.
Durant ces deux dernières années, le bâtiment a été nettoyé (près de 3 000 tonnes de gravats retirés), et protégé (un parapluie composé de 60 tonnes de tube a été installé). Ses richesses patrimoniales ont été préservées et restaurées et des études techniques ont été menées, notamment la possibilité d’un système de chauffage par géothermie.

Le projet

Un espace ouvert à l’expression citoyenne

En fin d’année 2021, le projet de réhabilitation du cabinet d’architecte Pierre-Louis Faloci a été retenu, associé à une équipe de maîtrise d’œuvre composée des bureaux d’étude suivants :
- bureau d’études techniques EGIS Bâtiment Rhône-Alpes (tous corps d’état)
- bureau d’études PLANTIER (structure)
- bureau d’étude ACOUSTB (acoustique)

Visite virtuelle : projet en phase de concours, susceptible d'évoluer

 

Pierre-Louis Faloci architecte

Pierre-Louis Faloci architecte

Pierre-Louis Faloci architecte

Pierre-Louis Faloci architecte

L'architecte Pierre-Louis Faloci

Qui est Pierre-Louis Faloci ?

L’architecte Pierre-Louis Faloci a réalisé de très nombreux bâtiments publics, aménagements urbains et paysagers : musée de la bataille de Valmy, musée de la civilisation celtique, église Notre-Dame de la Sagesse, réhabilitation du musée Rodin, centre civique de Fosses, Learning center de développement durable à Dunkerque, logements sociaux à Lyon….

Pour lui, la réalisation d’un bâtiment ne peut être dissociée des aménagements extérieurs, urbains et paysagers qui l’entourent. Enseignant, passionné de photographie et de peinture, il cultive l'importance de ce qu’il appelle « l’écologie du "regard", qui est placé au cœur de son travail. 

Pierre-Louis Faloci a reçu le grand prix national d'architecture en 2018.

« Le socle de ce projet s’articule entre le minéral, côté ville, et la transparence, comme un appel au parc, côté jardins de l’Europe. La perspective entre les deux entrées principales est une réelle volonté d’appeler les gens à entrer dans le lieu. L’hôtel de ville devient la maison de la ville, une nouvelle image de la démocratie où chacun peut évoluer, venir s’exprimer. »

>> En savoir plus sur l’architecte Pierre-Louis Faloci

Entre 2019 et 2022

Une longue phase d’expertise a été nécessaire avant d’entreprendre toute intervention.

Décembre 2019

Installation d’une grue de 41m de haut pour une longueur de flèche de 60m, afin de couvrir l’ensemble du bâtiment. Cette grue sera l’élément principal à la réalisation des opérations de sécurisation et de déblaiement des étages supérieurs qui dureront plusieurs mois, avant de couvrir le bâtiment.

Dans le même temps, le projet d’installation d’un « parapluie » permettant de protéger le bâtiment est à l’étude.

Été 2020

Plus de 1 200 tonnes de débris sont évacuées.

Des études sont menées pour concevoir la réhabilitation d’un bâtiment énergétiquement vertueux, tout en respectant son architecture d’origine et son histoire.

Un pré-diagnostic des décors du 19e siècle, présents dans le hall de l’escalier, dans la galerie, le grand salon et le salon des mariages est réalisé par des professionnels ébénistes, stucateurs, et peintres. Il donnera lieu à des actions de conservation en attendant les travaux.

Septembre 2020

Des études techniques sont entreprises afin de trouver le système de production d’eau chaude, de chauffage mais aussi de rafraîchissement du bâtiment le moins consommateur d’énergie possible.

L’objectif est de rechercher la sobriété et l’efficacité dans la production et l’utilisation d’énergies, dont la plus grande part sera renouvelable.

Des tests ont été effectués dans les jardins de l’Europe : une nappe d’eau à faible profondeur, avec une eau à 13° toute l’année, nappe qui ne possède aucune connexion avec l’eau du lac, pourra être utilisée pour le système de chauffage et de production d’eau chaude. Ce système, de type « pompe à chaleur », permettra de produire à la fois de l’eau chaude, du chauffage, mais aussi, éventuellement, de rafraîchir le bâtiment en inversant le cycle de fonctionnement. Toutefois, les principes de ventilation nocturne des locaux1 et de géocooling2 seront privilégiés en mode rafraichissement.

1 - La ventilation nocturne des locaux permet d’évacuer la chaleur emmagasinée dans la journée via une ventilation forcée des locaux la nuit, quand l’air extérieur est frais. Les locaux sont donc rafraîchis en faisant circuler l’air extérieur, plus frais que l’air intérieur.

2 - Le géocooling est un système permettant de rafraichir les locaux sans l’usage de la pompe à chaleur.

Octobre 2020

Le montage du parapluie, destiné à protéger le bâtiment, se termine. Cette structure, composée de 60 tonnes de tubes et recouverte d’une bâche, permettra de maintenir le bâtiment hors d’eau pendant toute la durée du chantier à venir.

Novembre 2020

La 2e phase de sécurisation démarrera fin novembre jusqu’au début de l’année prochaine avec le curage complet de l’édifice : environ 1 600 tonnes de matériaux seront retirées.

Un premier travail de conservation des décors va été réalisé par une restauratrice ainsi que des interventions de moulage des stucs, par un stucateur, afin de les copier et pouvoir ainsi les reproduire à l’identique.

164 ans d’histoire

Le plan de construction de l’hôtel de ville est adopté par le conseil municipal en 1846. Annecy fait alors partie du royaume dirigé par le roi de Sardaigne et son hôtel de ville est installé dans une maison située place Notre-Dame. Conçu par François Justin, le nouveau bâtiment est un exemple de l’architecture néoclassique sarde qui s’est développée à cette époque dans les territoires savoyards, avec ses proportions imposantes, son avant-corps central doté de colonnes monumentales et son fronton triangulaire. La construction, confiée à un entrepreneur chambérien, se termine en 1855.

Au départ, les locaux accueillent, en plus des services administratifs, un tribunal, un musée, le télégraphe, une bibliothèque… avant de ne garder que sa vocation d’hôtel de ville. L’escalier d’honneur menant au deuxième étage, les salons de réception et la galerie qui les dessert sont à ce jour les seuls témoins du décor d’origine. L’esplanade et son bassin à débordement ont été aménagés en 1995 pour accompagner la création du parking souterrain.

Timelapse du chantier